Entretien animé par Élodie Karaki
Comment tenir face à la violence d’État, quand elle sidère, isole, empêchant même de penser ? Anthropologue et essayiste, Chowra Makaremi propose de déplacer le regard. Née en Iran, installée en France, elle travaille depuis des années sur les contre-archives, les émotions collectives, les formes de mémoire qui circulent en marge des récits officiels.
Dans Femme ! Vie ! Liberté !, elle a tenu le journal du soulèvement déclenché par la mort de Jina Mahsa Amini ; une mort qui agit comme un point de bascule : « cela aurait pu être moi ». Une révolte féministe d’ampleur, maintenue dans un cadre civil, à laquelle le régime répond par une « politique de la cruauté » : torture, disparitions, exécutions, mises en scène pour gouverner par la peur.
Avec Résistances affectives, Chowra Makaremi s’attache à ce qui, malgré tout, parvient encore à circuler. Face à la terreur, ce ne sont pas seulement des idées qui résistent, mais des attachements, des liens, des émotions — chagrin, colère, désir de justice… — qui recomposent des formes d’action.
En 2022, elle voyait dans le féminisme la force la plus vive de la société civile iranienne, capable d’ébranler le régime. Qu’en est-il aujourd’hui ? Comment analyser ce qui se joue depuis les attaques de février et la guerre qui secoue le pays ? Un entretien pour éclairer, au présent, les lignes de fracture et les formes de résistance qui traversent la société iranienne.
Retrouvez Chowra Makaremi pour une rencontre avec Laurine Roux, le jeudi 28 mai à 15h.
À lire
- Résistances affectives. Les politiques de l’attachement face aux politiques de la cruauté, La Découverte, 2025.
- Femme ! Vie ! Liberté !. Échos d’un soulèvement révolutionnaire en Iran, La Découverte, 2023.
